Épilogue

À l’automne 1941, le Docteur et sa famille ont commencé des préparatifs en vue d’un retour sur la Rive-Sud de Montréal où vivait la famille de sa femme et où l’économie était florissante en raison de la multiplication des industries de guerre. Leur fille de 16 ans était alors pensionnaire au couvent à Nicolet. Voici une des lettres de la mère à sa fille, quelques jours avant le déménagement. Elle laisse deviner la vie sociale bouillonnante qui existait alors à La Tuque.

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DR. MAX COMTOIS
LA TUQUE, QUE.

Chère Lise, Heureusement que tu as eu de la belle visite pour te distraire, sans cela tu aurais trouvé le temps long sans nouvelle de la maison. Je te sais assez raisonnable pour comprendre que j’ai été très occupée. Ton papa trouvait que je commençais bien vite à «paqueter» mais aujourd’hui je trouve que j’ai bien fait.

La semaine dernière c’était la retraite des dames. Le matin j’allais à l’office puis en arrivant je me mettais à j’ouvrage jusqu’à deux heures, je prenais mon bain, je faisais des visites jusqu’à quatre heures. Il y a eu des thés tous les jours en mon honneur, des dîners le soir. Samedi soir madame Dresser nous reçevait à dîner, tu sais comment elle fait bien les choses, il y avait avec nous les Nesbitt et les Beckler. A 11 hrs, quelqu’un vient chercher papa pour l’amener voir des réparations au Curling, là une surprise l’attendait. Il y avait soixante amis pour le fêter, on lui offrit une bourse de $86.00, n’est ce pas que c’est consolant d’avoir autant d’amis. Ça nous fait presque regretter de partir. Ces amis ont demandé que l’on s’achète un cabaret d’argent à notre goût, car il n’y en avait pas d’assez beau à La Tuque, ça complètera mon magnifique service à thé que papa m’a donné à l’occasion de notre départ.

Dimanche les Lajoie et Tremblay étaient de passage ici, dimanche soir madame Brown a reçu à un bridge en notre honneur. Lundi soir c’était au tour de madame Mongrain, un dîner de six à l’hôtel après quoi nous sommes allées au cinéma. Les hommes faisaient une fête à ton père au lac, là encore ils étaient trente, ils lui ont offert une lampe de bureau.

Ce soir nous mangeons un steak chez les Dresser, demain soir soirée chez le docteur Ringuet, mercredi midi nous dînons chez le notaire Tremblay et souperons chez l’avocat D’Allaire. Je t’assure que Monique se sent bien négligée avec tout cela et moi je suis fatiguée «au cotton». Je suis obligée de prendre des remèdes pour dormir.

J’achève mes visites, partout on s’informe de toi et tu es invitée à venir te promener. Comme Françoise a du te dire nous partirons jeudi soir pour coucher à Grand’Mère, et nous dînerons avec toi, Andrée et Mireille. Demande à tante de préparer les permissions et de téléphoner à Sr. Racine un dîner pour neuf à 11½hrs, afin de vous voir le plus longtemps possible. Je t’écris ces détails afin de t’intéresser et t’aider à trouver le temps moins long. Tes petites soeurs ont hâte de te voir, mais pas plus que moi, ton père aussi en parle souvent.
Je t’embrasse en attendant vendredi,
Ta maman.

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