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Mariage

Au mois de février 1923, sur les instances de mon curé, je me mariais à St-Lambert et dix jours plus tard, je retournais à La Tuque. Tous mes amis qui m’avaient donné un «Send Off» royal avaient hâte de voir la femme du nouveau docteur. Je crois bien qu’ils ne furent pas déçus et elle fit un «hit» formidable.

Elle était jolie, elle l’est encore à soixante-quatre ans, et elle se tailla une place dans les cœurs de tous, avec ça pas snob pour deux sous. Ça ne lui avait pas monté à la tête de marier un médecin. Il faut dire que ça prenait plus que du courage chez une jeune fille de Montréal pour s’en venir dans un pays si loin et presque à demi civilisé.

Jeune couple

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Max Comtois et Louise Vallières au mariage d'un couple d'amis, circa 1920 (Source : Famille Comtois)

La compagnie Brown, pour garder ses employés, avait construit un «Community Club» et plusieurs fois par année, il y avait un grand bal, la veille du jour de l’An, aux jours gras, à la mi-Carême, à l’Armistice et le lundi de Pâques.

Au bal costumé de la mi-Carême, ma femme gagnait le premier prix. Dois-je ajouter qu’elle dansait à merveille et que jeunes et vieux se l’arrachaient. Je n’étais pas le moins du monde jaloux, prenant leur assiduité pour un compliment.

Les bals à La Tuque, c’était quelque chose. L’habit était de rigueur, des fois l’habit de soirée et des fois le tuxedo.

Je me rappelle avoir été appelé pour un accouchement et ça pressait. Je n’avais pas le temps d’aller au bureau pour me changer et je l’accouchai, cette pauvre femme de colon, en «Full Dress» avec le collet à pointes! Elle n’avait jamais vu un docteur si bien habillé.

La vie à La Tuque était très agréable. Très vite nous nous fîmes de nombreux amis tant chez les Canadiens français que chez les Anglais, qui à quelques exceptions près, étaient des Américains et des jeunes. La vie sociale était intéressante et après plus de quarante ans, nous rencontrons quelques-uns de ces amis de la première heure.

Je dois avouer cependant que les hommes s’amusaient encore plus que les femmes. Nous étions à proximité de nombreux lacs où la truite abondait.

J’appartenais au club Minomaquam et souvent durant la semaine nous allions souper et veiller au lac à L’Équerre. Le samedi après-midi et le soir, nous prenions congé et nous allions boustifailler au club. Ça nous prenait exactement une demi-heure pour nous y rendre en automobile. C’était un échappatoire de la dure médecine que nous pratiquions.